Page:Hugo Hernani 1889.djvu/30

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Me blâmer. Êtes-vous mon démon ou mon ange ?
Je ne sais, mais je suis votre esclave. Écoutez.
Allez où vous voudrez, j’irai. Restez, partez,
Je suis à vous. Pourquoi fais-je ainsi ? Je l’ignore.
J’ai besoin de vous voir, et de vous voir encore
Et de vous voir toujours. Quand le bruit de vos pas
S’efface, alors je crois que mon cœur ne bat pas,
Vous me manquez, je suis absente de moi-même ;
Mais dès qu’enfin ce pas que j’attends et que j’aime
Vient frapper mon oreille, alors il me souvient
Que je vis, et je sens mon âme qui revient !


Hernani, la serrant dans ses bras.

Ange !


Doña Sol.

Ange !A minuit. Demain. Amenez votre escorte,
Sous ma fenêtre. Allez, je serai brave et forte.
Vous frapperez trois coups.


Hernani.

Vous frapperez trois coups.Savez-vous qui je suis,
Maintenant ?


Doña Sol.

Maintenant ?Monseigneur, qu’importe ? Je vous suis.


Hernani.

Non, puisque vous voulez me suivre, faible femme,
Il faut que vous sachiez quel nom, quel rang, quelle âme,
Quel destin est caché dans le pâtre Hernani.
Vous vouliez d’un brigand, voulez-vous d’un banni ?


Don Carlos, ouvrant avec fracas la porte de l’armoire.

Quand aurez-vous fini de conter votre histoire ?
Croyez-vous donc qu’on soit à l'aise en cette armoire ?

Hernani recule étonné. Doña Sol pousse un cri et se réfugie dans ses bras, en fixant sur don Carlos des yeux effarés.