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ACTE II — LE BANDIT.
don carlos, regardant avec colère toutes les fenêtres éclairées.

Dirait-on pas des yeux jaloux qui nous observent ?
Enfin, en voilà deux qui s’éteignent ! allons !
Messieurs, que les instants de l’attente sont longs !
Qui fera marcher l’heure avec plus de vitesse ?

don sancho.

C’est ce que nous disons souvent chez votre altesse.

don carlos.

Cependant que chez vous mon peuple le redit.

La dernière fenêtre éclairée s’éteint.

— La dernière est éteinte.

Tourné vers le balcon de doña Sol, toujours noir.

Ô vitrage maudit !
Quand t’allumeras-tu? Cette nuit est bien sombre.
Doña Sol ! Viens briller comme un astre dans l’ombre !

À don Ricardo.

Est-il minuit ?

don ricardo.
Minuit bientôt.
don carlos.

Il faut finir
Pourtant! à tout moment l’autre peut survenir.

La fenêtre de doña Sol s’éclaire, on voit son ombre se dessiner sur les vitraux lumineux.

Mes amis ! un flambeau ! son ombre à la fenêtre !
Jamais jour ne me fut plus charmant à voir naître.
Hâtons-nous ! Faisons-lui le signal qu’elle attend :
Il faut frapper des mains trois fois. Dans un instant,
Mes amis, vous allez la voir ! Mais notre nombre
Va l’effrayer peut-être... allez tous trois dans l’ombre
Là-bas, épier l’autre. Amis, partageons-nous