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ACTE II — LE BANDIT.

Non, Le crime vous tient. Partout vous le traînez.
Nous, des duels avec vous ! arrière ! assassinez.

Hernani, sombre et pensif, tourmente quelques instants de la main la poignée de son épée, puis se retourne brusquement vers le roi, et brise la lame sur le pavé.
hernani.

Va-t’en donc.

Le roi se tourne à demi vers lui et le regarde avec hauteur.

Nous aurons des rencontres meilleures.
Va-t’en.

don carlos.

C’est bien, monsieur. Je vais dans quelques heures[1]
Je serai, moi le roi, dans le palais ducal.
Mon premier soin sera de mander le fiscal.
A-t-on fait mettre à prix votre tête ?

hernani.
Oui.
don carlos.

Mon maître,
Je vous tiens de ce jour sujet rebelle et traître.
Je vous en avertis. Partout je vous poursuis,
Je vous fais mettre au ban du royaume.

hernani.

J’y suis
Déjà.

don carlos.
Bien !
hernani.

Mais la France est auprès de l’Espagne,
C’est un port.

don carlos.

Je vais être empereur d’Allemagne.
Je vous fais mettre au ban de l’empire.

  1. D'autres éditions présentent un texte légèrement différent :
    Va-t’en.


    doña sol.


    Mon Hernani !

    don carlos.


    C’est bien : dans quelques heures...
    Rentrer, moi votre roi...