Page:Hugo Rhin Hetzel tome 3.djvu/164

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Sauf quelques détails qui viendront en leur lieu et qui ne dérangeront en rien cet ensemble, telle était l’Europe au moment que nous avons indiqué. Comme on l’a pu reconnaître, le doigt divin, qui conduit les générations de progrès en progrès, était dès lors partout visible dans la disposition intérieure et extérieure des éléments qui la constituaient, et cette ruche de royaumes et de nations était admirablement construite pour que déjà les idées y pussent aller et venir à leur aise et faire dans l’ombre la civilisation.

à ne prendre que l’ensemble, et en admettant les restrictions qui sont dans toutes les mémoires, ce travail, qui est la véritable affaire du genre humain, se faisait au commencement du dix-septième siècle en Europe mieux que partout ailleurs. En ce temps où vivaient, respirant le même air, et par conséquent, fût-ce à leur insu, la même pensée, se fécondant par l’observation des mêmes événements, Galilée, Grotius, Descartes, Gassendi, Harvey, Lope de Vega, Guide, Poussin, Ribera, Van Dyck, Rubens, Guillaume D’Orange, Gustave-Adolphe, Waldstein, le jeune Richelieu, le jeune Rembrandt, le jeune Salvator Rosa, le jeune Milton, le jeune Corneille et le vieux Shakespeare, chaque roi, chaque peuple, chaque homme, par la seule pente des choses, convergeaient au même but, qui est encore aujourd’hui la fin où tendent les générations, l’amélioration générale de tout par tous, c’est-à-dire la civilisation même. L’Europe, insistons sur ce point, était ce qu’elle est encore, un grand atelier où s’élaborait en commun cette grande œuvre.

Deux seuls intérêts, séparés dans un but égoïste de