Page:Hume - Œuvres philosophiques, tome 4, 1788.djvu/114

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
106
Dissertation.

moins qui affoiblistent l’influence de ces principes généraux dont dépendent les sentimens, du beau & du difforme. S’il y a des objets qui, en vertu de la constitution de notre esprit, sont destinés à nous affecter agréablement, ce n’est pas à dire que chaque individu en sera affecté de cette maniere : il y a des situations dans lesquelles ces objets renvoient une fausse lueur, ou bien ne portent pas dans l’imagination l’impression qu’ils devroient y porter.

Ce qui empêche bien des personnes d’avoir le vrai sentiment du beau, c’est qu’il leur manque cette délicatesse, qui seule peut nous rendre sensibles aux plus subtiles émotions. Cette délicatesse, tout le monde prétend l’avoir, chacun en parle, chacun voudroit ériger son goût particulier en regle du goût ; mais comme dans cette Dissertation nous nous sommes proposé de nous servir de lumieres de l’entendement pour éclaircir des matieres qui regardent le goût, il sera nécessaire de chercher une définition, plus exacte de la délicatesse, qu’on n’en a donné jusqu’ici. Pour ne par puiser dans des sour-