Page:Huret - Enquête sur l’évolution littéraire, 1891.djvu/142

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Et il n’y pas coterie. Le tiers de ces poètes est de Paris ; le reste est de la province où, parmi l’ignorance et le rococo, quelques esprits hors de mystérieuses hérédités s’élancent fièrement à l’avenir. Trois autres sont étrangers.

La méthode évolutive leur est parvenue ; et sur preuves, « dégoûtés, me disent-ils tous, des ressasseurs comme des incohérences symbolistes, ils se rallient à ce qu’ils croient le mouvement vraiment fort. »

Cette jeunesse-là vaincra. Et ce m’est une bien grande fierté, l’honneur qu’elle me fait de se grouper en haute liberté et toute conscience pour ma Méthode.



M. MAURICE MÆTERLINCK


J’ai cru intéressant d’aller voir l’écrivain qu’Octave Mirbeau nous a, avec l’éclat que l’on sait, révélé. Et j’y ai tenu d’autant plus que personne à Paris, ou presque personne, ne connaît Vsiuieur de la Princesse Maleine : Octave Mirbeau lui-même l’ignore.

J’étais arrivé à Gand le matin, sous une pluie pénétrante. Le premier aspect de la ville m’avait transi de mélancolie. La boue noire, et les flaques, le ciel badigeonné de suie, la solitude des rues où de rares man-