Page:Huret - Enquête sur l’évolution littéraire, 1891.djvu/195

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iste seront, selon mon idée, les meneurs du mouvement intellectuel du vingtième siècle.

— Vous ne me parlez pas des psychologues, fis-je ?

— Eh ! bien cela nous permettra d’en finir avec cette étiquette de « naturaliste » qu’on a collée, un peu malgré nous, sur nos chapeaux. Est-ce que nos œuvres sont tant que ça naturalistes d’un bout à l’autre ? Est-ce que nous n’avons pas compris que dans une œuvre, dans un livre même, il doit y avoir du physique et du psychique ? Combien de livres a écrits Daudet, qu’on ne peut pas classer dans ce compartiment étroit où on nous enferme ! Zola lui-même n’a-t-il pas fait le Rêve ? Et moi, qui ai fait Germinie Lacerteux, n’ai-je point écrit Madame Gervaisais, un roman d’un psychologue aussi psychologue que les plus psychologues de l’heure actuelle !


M. ÉMILE ZOLA


— Ah ! ah ! me dit le maître avec un sourire, en me serrant la main, vous venez voir si je suis mort ! Eh bien ! vous voyez, au contraire ! Ma santé est excellente, je me sens dans un équilibre parfait, jamais je n’ai été plus tranquille ; mes livres se vendent mieux que jamais, et mon dernier, l’Argent, va tout seul ! Pourtant, on peut causer, causons.