Page:Huret - Enquête sur l’évolution littéraire, 1891.djvu/36

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— Eh bien ! non, je n’irai pas.

Je me levai pour partir. Et je pris congé, m’arrachant littéralement au charme de cet accueil et à la séduction de cet esprit.



M. JULES LEMAÎTRE


— Mais comment voulez-vous, — me jette le distingué critique des Débats, — que je vous donne mon opinion là-dessus ! Il faudrait huit jours pour préparer quelque chose de seulement présentable…

— Excusez-moi, répondis-je, je croyais que ces idées étaient dans l’air, et, comme M. Anatole France, M. Barrès, M. Rod m’avaient répondu…

— Vraiment ? ma parole, je ne sais pas comment ils font… Mais, sérieusement, tenez-vous beaucoup à mon avis ?

— Beaucoup, en effet ! vous êtes l’un de ceux que l’on a, jusqu’ici, considérés plutôt comme des idéologues que comme des réalistes, et je tiens particulièrement…

— Heu ! voyons vos questions. « Le naturalisme est-il fini ? » Bien sûr ! « Pourquoi ?… » Est-ce que je sais, moi ! Parce qu’il a fait son temps, parce que, en art, comme en tout, il n’est qu’action et réaction. « Si les erreurs du naturalisme proviennent plutôt des