Page:Huyghens - Traité de la lumière, Gauthier-Villars, 1920.djvu/13

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son, par des surfaces et des ondes sphériques : car je les appelle ondes, à la ressemblance de celles que l’on voit se former dans l’eau quand on y jette une pierre, qui représentent une telle extension successive en rond, quoique provenant d’une autre cause et seulement dans une surface plane.

Pour voir donc si l’extension de la lumière se fait avec le temps, considérons premièrement s’il y a des expériences qui nous puissent convaincre du contraire. Quant à celles que l’on peut faire ici sur la Terre, avec des feux mis à de grandes distances, quoiqu’elles prouvent que la lumière n’emploie point de temps sensible à passer ces distances, on peut dire avec raison qu’elles sont trop Fig. 1 : Détermination de la vitesse de la lumière grâce aux éclipses de Lune.
Fig. 1.
petites et qu’on n’en peut conclure, sinon que le passage de la lumière est extrêmement vite. M. Descartes qui était d’opinion qu’il est instantané, se fondait, non sans raison, sur une bien meilleure expérience tirée des éclipses de lune : laquelle pourtant, comme je ferai voir, n’est point convaincante. Je la proposerai un peu autrement que lui, pour en faire mieux comprendre toute la conséquence.

Soit A (Fig. 1) le lieu du soleil, B D une partie de