Page:Huyghens - Traité de la lumière, Gauthier-Villars, 1920.djvu/29

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sentir à notre vue. Mais on cessera de s’étonner en considérant que dans une grande distance du corps lumineux une infinité d’ondes, quoique issues de points différents de ce corps, s’unissent en sorte que sensiblement elles ne composent qu’une seule onde qui, par conséquent, doit avoir assez de force pour se faire sentir. Ainsi, ce nombre infini d’ondes qui naissent en même instant de tous les points d’une étoile fixe, grande peut-être comme le Soleil, ne sont sensiblement qu’une seule onde, laquelle peut bien avoir assez de force pour faire impression sur nos yeux. Outre que de chaque point lumineux, il peut venir plusieurs milliers d’ondes dans le moindre temps imaginable, par la fréquente percussion des corpuscules qui frappent l’éther en ces points, ce qui contribue encore à rendre leur action plus sensible.

Il y a encore à considérer dans l’émanation de ces ondes, que chaque particule de la matière, dans laquelle une onde s’étend, ne doit pas communiquer son mouvement seulement à la particule prochaine, qui est dans la ligne droite tirée du point lumineux, mais qu’elle en donne aussi nécessairement à toutes les autres qui la touchent et qui s’opposent à son mouvement. De sorte qu’il faut qu’autour de chaque particule il se fasse une onde dont cette particule soit le centre. Ainsi, si D C F (Fig. 6) est une onde émanée du point lumineux A, qui est son centre, la particule B, une de celles qui sont comprises dans la sphère D C F, aura fait son onde particulière K C L, qui touchera l’onde D C F en C, au même moment que l’onde principale, émanée du point A,