Page:Huyghens - Traité de la lumière, Gauthier-Villars, 1920.djvu/28

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


divers côtés ou même de côtés contraires, non seulement si elle est poussée par des coups qui s’entresuivent près à près, mais même par ceux qui agissent sur elle en même instant, et cela à cause du mouvement qui s’étend successivement. Ce qui se peut prouver par la rangée de boules égales, de matière dure, dont il a été parlé ci-dessus ; contre laquelle si l’on pousse en même temps des deux côtés opposés des boules pareilles A et D (Fig. 5),  
Fig. 5 : Choc élastique aux deux extrémités d’une file de boules dures.
Fig. 5.
l’on verra rejaillir chacune avec la même vitesse qu’elle avait en allant, et toute la rangée demeurer en sa place, quoique le mouvement ait passé tout du long et doublement. Et si ces mouvements contraires viennent à se rencontrer à la boule du milieu B, ou à quelqu’autre comme C, elle doit plier et faire ressort des deux côtés, et ainsi servir en même instant à transmettre ces deux mouvements.

Mais ce qui peut d’abord paraître fort étrange et même incroyable, c’est que des ondulations produites par des mouvements et des corpuscules si petits puissent s’étendre à des distances si immenses, comme par exemple depuis le Soleil, ou depuis les étoiles jusqu’à nous. Car la force de ces ondes doit s’affaiblir à mesure qu’elles s’écartent de leur origine, de sorte que l’action de chacune en particulier deviendra sans doute incapable de se faire