Page:Huyghens - Traité de la lumière, Gauthier-Villars, 1920.djvu/41

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d’une égalité telle que peuvent composer les particules de la matière du corps réfléchissant, mises les unes auprès des autres, lesquelles particules sont plus grandes que celles de la matière éthérée, comme il paraîtra par ce que nous dirons en traitant de la transparence et de l’opacité des corps. Car la surface consistant ainsi en des particules mises ensemble, et les particules éthérées étant par dessus, et plus petites, il est évident qu’on ne saurait démontrer l’égalité des angles d’incidence et de réflexion par la ressemblance de ce qui arrive à une balle poussée contre un mur, de laquelle on s’est toujours servi. Au lieu que dans notre manière la chose s’explique sans difficulté. Car la petitesse des particules du vif argent, par exemple, étant telle qu’il en faut concevoir des millions dans la moindre surface visible proposée, arrangée comme un amas de grains de sable, qu’on aurait aplani autant qu’il en est capable, cette surface alors devient égale comme un verre poli à notre égard ; et quoiqu’elle demeure toujours raboteuse à l’égard des particules de l’éther, il est évident que les centres de toutes les sphères particulières de réflexion, dont nous avons par lé, sont à peu près dans un même plan uni, et qu’ainsi la commune tangente leur peut convenir assez parfaitement pour ce qu’il faut à la production de la lumière. Et c’est ce qui seulement est requis, dans notre manière de démontrer, pour faire l’égalité desdits angles, sans que le reste du mouvement réfléchi de toutes parts puisse produire aucun effet contraire.