Page:Huyghens - Traité de la lumière, Gauthier-Villars, 1920.djvu/43

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permettre qu’ils puissent recevoir du mouvement que dans toute leur masse à la fois. Ce qui pourtant n’est pas nécessaire, parce que cette solidité n’est pas telle qu’elle nous paraît, étant probable que ces corps sont plutôt composés de particules, qui ne sont que posées les unes auprès des autres, et retenues ensemble par quelque pression de dehors d’une autre matière, et par l’irrégularité des figures. Car premièrement leur rareté paraît par la facilité avec laquelle y passe la matière des tourbillons de l’aimant, et celle qui cause la pesanteur. De plus l’on ne peut pas dire que ces corps soient d’un tissu semblable à celui d’une éponge, ou du pain léger, parce que la chaleur du feu les fait couler, et change par là la situation des particules entre elles. Il reste donc que ce soient, comme il a été dit, des assemblages de particules qui se touchent, sans composer un solide continu ; ce qui étant ainsi, le mouvement que ces particules reçoivent pour continuer les ondes de lumière, ne faisant que se communiquer des unes aux autres — sans qu’elles sortent pour cela de leur place, ou qu’elles se dérangent entre elles — il peut fort bien faire son effet sans préjudicier en rien à la solidité du composé qui nous paraît.

Par la pression du dehors dont j’al parlé, il ne faut pas entendre celle de l’air, qui ne serait pas suffisante, mais une autre d’une matière plus subtile, laquelle pression se manifeste dans cette expérience que le hasard m’a fait rencontrer il y a longtemps, savoir de l’eau purgée d’air, qui demeure suspendue dans un tuyau de verre ouvert