Page:Huyghens - Traité de la lumière, Gauthier-Villars, 1920.djvu/46

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puisque le vif-argent est moins pesant que l’or, et que la matière de l’or est fort peu dense : comme il s’ensuit de ce que la matière des tourbillons de l’aimant, et de celle qui cause la pesanteur, y passe très librement.

Mais on peut objecter ici que, si le corps de l’eau est d’une si grande rareté, et que ses particules occupent une si petite portion de l’espace de son étendue apparente, il est bien étrange comment elle résiste pourtant si fort à la compression, sans se laisser condenser par aucune force qu’on ait essayée jusqu’ici d’y employer, conservant même toute sa liquidité, pendant qu’elle souffre cette pression.

Ce n’est pas ici une petite difficulté. Laquelle pourtant on peut résoudre en disant que le mouvement très violent et rapide de la matière subtile qui rend l’eau liquide, en ébranlant les particules dont elle est composée, maintient cette liquidité malgré la pression que jusqu’ici on se soit avisé d’y appliquer.

La rareté des corps transparents étant donc telle que nous avons dit, l’on conçoit aisément que les ondes puissent être continuées dans la matière éthérée qui emplit les interstices des particules. Et de plus l’on peut croire que le progrès de ces ondes doit être un peu plus lent au dedans des corps, à raison des petits détours que causent les mêmes particules. Dans laquelle différente vitesse de la lumière, je ferai voir que consiste la cause de la réfraction.

J’indiquerai auparavant la troisième et dernière manière dont on peut concevoir la, transparence,