Page:Huyghens - Traité de la lumière, Gauthier-Villars, 1920.djvu/47

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qui est en supposant que le mouvement des ondes de lumière se transmet indifféremment et dans les particules de la matière éthérée, qui occupe les interstices des corps, et dans les particules qui les composent, en sorte que ce mouvement passe des unes aux autres. L’on verra ci-après que cette hypothèse sert beaucoup à expliquer la réfraction double de certains corps diaphanes.

Que si l’on objecte que les particules de l’éther étant plus petites que celles des corps transparents, puisqu’elles passent par leurs intervalles, il s’ensuivrait qu’elles ne leur pourraient communiquer que peu de leur mouvement, l’on peut répondre, que les particules de ces corps sont encore composées d’autres particules plus petites ; et qu’ainsi ce seront ces particules secondes qui recevront le mouvement de celles de l’éther.

Au reste, si celles des corps transparents ont leur ressort un peu moins prompt que n’est celui des particules, éthérées, ce que rien n’empêche de supposer, il s’ensuivra derechef que le progrès des ondes de lumière sera plus lent au dedans de ce corps, qu’elle n’est au dehors dans la matière éthérée.

C’est là tout ce que j’ai trouvé de plus vraisemblable pour la manière dont les ondes de la lumière passent à travers les corps transparents. À quoi il faut encore ajouter en quoi ces corps diffèrent de ceux qui sont opaques ; et d’autant plus qu’il peut sembler, à cause de la facile pénétration des corps par la matière éthérée, dont il a été parlé, qu’il n’y aurait point de corps qui ne fût transparent.