Page:Huysmans - L'Oblat.djvu/336

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arbres de l’asile se tachetaient de gouttes d’or qu’ils reversaient en gouttes bleuâtres sur les cailloux du sol ; l’on cheminait dans les allées sous un crible de lumière et d’ombre et la haie serrée des cyprès que l’on devait longer pour atteindre le préau où se trouvait le puits, parfumait d’un fleur léger de résine, le vent.

C’était dans ce préau solitaire, que s’élevait le monument commandé par Philippe le Hardi à Claus Sluter, assisté des imagiers les plus habiles de son temps.

Ce monument émergeait de l’intérieur même du puits, supporté par un piédestal hexagone, sur les pans duquel se tenaient les statues des six prophètes qui avaient annoncé la passion du Christ et il était surmonté d’une plate-forme appuyée sur six anges pleurant au-dessus des prophètes. Sur cette plate-forme, cette terrasse, comme l’appellent les anciens textes, se dressait jadis un Calvaire disparu, dont quelques débris avaient été recueillis par le musée archéologique de la ville. Le tout était abrité dans une énorme volière en fil de fer plafonnée d’un toit et garnie, au dedans, par-dessus la margelle même du puits qu’il dépassait, d’un plancher courant de bois et d’une balustrade au-dessous de laquelle l’on voyait l’eau quasi morte dans laquelle trempait le piédestal, verdi par les mousses, au fond du trou.

Et l’on se promenait sur ce balcon autour des effigies des prophètes, taillés grandeur nature, dans des blocs de pierre qui avaient été autrefois peints par Malouel mais étaient redevenus, avec l’âge, d’un ton uniforme où il entrait un peu de blond et beaucoup de gris.

La plus surprenante de ces statues, celle qui vous accaparait