Page:Huysmans - Le Drageoir aux épices, 1921.djvu/70

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mère, si tu n’oses. — Oh ! non je t’en prie, ne dis rien, maman me gronderait, leur dirait des sottises et leur défendrait de m’adresser la parole. — Voyons, Claudine, nous allons peser les qualités et les défauts, les avantages et les désavantages de chacun, et puis nous verrons lequel des deux vaut le mieux ! D’un côté, Aristide est un brave garçon. — Oui ! oui, pour ça, c’est un brave garçon. — Mais sais-tu bien qu’il deviendra comme un muid ? et dame ! c’est bien désagréable d’avoir pour mari un homme dont tout le monde plaint la corpulence. Il est vrai, poursuivit-elle, que Just est un brave garçon. — Oh ! oui, pour ça, c’est un brave garçon. — Bien, mais sais-tu qu’il demeurera toute sa vie maigre comme un échalas, et, ma foi, je t’avoue qu’il est bien triste de vivre tous les jours avec un homme qui