Page:Huysmans - Le Drageoir aux épices, 1921.djvu/71

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a l’air de mourir de faim. — De sorte que, reprit en souriant Claudine, le mieux serait d’épouser un mari qui ne fût ni trop gras ni trop maigre ; mais alors il ne faut prendre ni Just ni Aristide. — Ah ! mais non ! s’écria Marie ; ces garçons t’aiment, il faut au moins que l’un des deux soit heureux. — Chut ! je me sauve, j’entends maman qui gronde. — Ah ! bien oui ! disait la mère Turtaine d’une voix courroucée, les mains plantées sur les hanches, le ventre proéminent sous son tablier bleu ; c’est bien la peine d’élever une jeunesse pour qu’elle écoute ainsi les ordres de sa mère ! Elle n’a pas seulement balayé notre place, il n’y a pas moyen de s’y tenir tant il y a d’épluchures. — Voyons, petite maman, ne me gronde pas, fit sa fille, en prenant un petit air câlin qui ne justifiait que trop l’amour des pauvres gar-