Page:Huysmans - Le Drageoir aux épices, 1921.djvu/84

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


déité. Néanmoins, comme la plus cuisante douleur finit par se calmer, il arriva qu’un beau jour l’un et l’autre se marièrent. Encore qu’elle ne les aimât point, Claudine ne laissa pas que d’être un peu vexée lorsqu’elle apprit cette nouvelle. — Être si vite oubliée ! les hommes sont donc des monstres. — Vois-tu, ma fille, lui dit sentencieusement la maman Turtaine qui était venue la rejoindre à Plaisir, plus un homme aime, moins longtemps il reste fidèle ; retiens bien ça. — Pourvu que mon amant ne m’aime pas autant que Just et Aristide ! pensa Claudine, et elle lui défendit de l’aimer. « Si tu m’aimes beaucoup, je ne t’épouse pas, dit-elle. — Mais… — C’est à prendre ou à laisser. — J’accepte : il est donc bien entendu, Claudine, que je ne t’aime point, que je te déteste. — Ah ! mais non, je ne te