Page:Hyspa - L’Éponge en porcelaine, 1921.djvu/19

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Il n’y a rien à dire sur ses mœurs.

Il mène la vie de famille et durant les longues soirées d’hiver, il charme ses loisirs en faisant tourner le plus vite possible les deux hélices qu’il porte sur les côtés de la tête ; je sais bien que ce n’est pas très intelligent, mais que voulez-vous qu’il fasse de ses hélices ? Enfin, messieurs, cela vaut mieux que d’aller au café.

Il ne faudrait pas cependant prendre ce poisson pour une buse ; l’Hippocampe, messieurs, a la ruse du serpent, et s’il échappe à la férocité des pêcheurs, c’est parce qu’il sait lire entre les lignes.

Après cela vous ne serez pas étonnés d’apprendre que l’Hippocampe se conserve très longtemps surtout à l’état fossile.

Malgré son goût très prononcé pour l’eau de mer, ce poisson a toujours la peau très sale on va jusqu’à dire, messieurs, que l’Hippocampe ne se lave jamais. Quelques-uns de nos ichthyologistes osent même affirmer que l’Hippocampe en use ainsi pour avoir plus chaud.

Mais une qualité qu’on ne peut enlever à l’Hippocampe, c’est la discrétion : confiez-lui un secret, il mourra sans l’avoir livré. Il est muet comme une carpe.

Sa sobriété elle-même est légendaire ; l’Hippocampe ne boit pas entre ses repas. Aussi l’a-t-on surnommé avec raison le chameau des mers.

Je terminerai, messieurs, en vous faisant remarquer que l’Hippocampe n’a rien de commun avec l’Hippopotame ou cheval de rivière.

Je n’ai plus rien à vous dire sur l’Hippocampe, ce petit poisson ne comportant pas une étude plus approfondie ; je me rattraperai sur le Veau, qui fera, messieurs, l’objet de ma prochaine leçon.