Page:Hyspa - L’Éponge en porcelaine, 1921.djvu/41

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Muni d’une voix de salon ou de salle à manger, il n’a que deux manières de chanter : immobile, les mains enfouies, à l’instar de la sarigue, dans des espèces de sacs, ou bien, le corps en ébullition et les bras, tristes moignons de pingouin, dans une fiévreuse agitation.

Mais ces mains en délire, pas plus que ces mains dissimulées, ne peuvent tromper le patient naturaliste, qui finit toujours par reconnaître si ce vertébré est palmé ou non, en. sondant simplement sa boutonnière.

Le Chansonnier varie à l’infini: autant de plumages, autant de ramages.

Parmi les ruminants, nous voyons le Chansonnier-Buffle (oiseau-bœuf), qui mugit ses chansons en faisant plus de foin qu’il n’en rumine.

Dans la classe des Oiseaux persifleurs, on remarque le Chansonnier politique, ou Merle moqueur, espèce de Chameau qui, sous n’importe quel gouvernement, se fiche de la République.

La famille des Oiseaux chanteurs nous offre un composé de tourterelle et de rossignol : le Romancier. Il chante spécialement l’amour, les fleurs et les oiseaux, mais rien que les petits oiseaux.

Il y aurait encore à citer une légion de Chansonniers, qui, quoique variés ; ont été classés dans le genre ennuyeux. Ces oiseaux de mauvais augure attendent, d’après les uns, leur esprit qui