Page:Hyspa - L’Éponge en porcelaine, 1921.djvu/44

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LA Suisse mesdames et messieurs est un pays perdu au milieu des montagnes.

Il n’est pas, disons-le bien haut pour que tout le monde l’entende, il n’est pas de pays plus borné à ses quatre points cardinaux.

On y rencontre néanmoins des chamois, des vaches, des coucous et des touristes ; et je ne vous le cacherai pas plus longtemps, puisque l’occasion se présente, les touristes ne sont pas, comme on le croit généralement, des gens passant leur vie au fond des tours, mais des êtres atteints de la folie des cimes et que nous désignerons plus clairement sous le nom d’acrotétomanes de akrotès, ètos, è (cime), et de mania, as, é (folie, frénésie).

On y rencontre encore des edelweiss, petites fleurs en coton fabriquées en Allemagne.

On y rencontre aussi des Suisses.

D’après J.-J: Rousseau « le Suisse naturellement froid, paisible et simple, mais violent et emporté dans la colère, boit du laitage et du vin »

L’auteur du Contrat social ne nous dit pas si le Suisse mange Mais, nous le savons tous, le Suisse boit déjà tout seul dès l’âge le plus tendre ; la boisson constitue donc toute sa nourriture.

Si nous nous en rapportons à la locution proverbiale : « Pas d’argent, pas de Suisse », le Suisse doit être un homme d’argent.

Mais n’insistons pas, et rappelons qu’au dix-septième siècle la Suisse vint recruter en France ses habitants, sans doute pour améliorer la race. Ce fait est du reste confirmé par ce vers de l’immortel Racine :

On m’avait fait venir d’Amiens pour être Suisse.