Page:Hyspa - L’Éponge en porcelaine, 1921.djvu/47

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Je ne vous parlerai pas de ces flaques d’eau auxquelles on a donné le nom de lacs.

La Suisse m’apparaît en somme comme un pays inutile et dangereux, un mal blanc qu’il faut à tout- prix rayer de la carte d’Europe.

La Suisse doit fatalement disparaître de l’horizon terrestre, car elle est à la merci de la moindre canicule.

Comme le marron glacé, elle n’a qu’un ennemi : le dégel.

Peut-être encore, ce pays s’écroulera-t-il un jour sous le poids des neiges pour ne laisser à sa place qu’une plaie béante dont les lèvres se refermeront sur ce qui fut la Suisse.

Ainsi la Suisse aura vécu et nous pourrons tout à notre aise contempler l’Italie ; le beau ciel d’Italie, enfumé par le Vésuve.

Ainsi l’Alpe homicide aura payé sa dette à la société.

Mais une fin plus terrible attend la Suisse. La Suisse disparaît petit à petit, elle s’émiette sans qu’on s’en doute ; - elle est rongée par les rats, et son effondrement n’est plus qu’une question d’heures.

Ajoutons encore un mot, si vous le voulez bien. La Suisse, j’ai oublié de vous l’apprendre, est un pays flottant.

Je ne dis pas cela à cause de ses vaillantes populations maritimes, non. Comme vous l’avez probablement remarqué, la Suisse est représentée