Page:Hyspa - L’Éponge en porcelaine, 1921.djvu/51

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Bien qu’il soit depuis longtemps laïque et obligatoire, le Pantalon n’en est pas moins soumis aux caprices de la mode.

Tantôt il s’évase à partir du genou, en forme d’entonnoir, et vous donne à la marche des ailes au talon ; tantôt il tombe serré sur le cou-de-pied qu’il étrangle ; d’autres fois on le voit suivre fidèlement vos formes, tel un chien.

Une simple et courte anecdote vous prouvera surabondamment ce que j’avance.

Il y a trente ans à peine, messieurs, le Pantalon que je porte était presque neuf et m’attirait bon nombre de compliments : « Comme il vous va bien, » disaient les uns ; « c’est que vous êtes bien fait, » corrigeaient les autres. Aujourd’hui qu’il est fripé avec d’horribles bosses à la place des genoux, je n’ose pas dire que c’est moi qui l’ai déformé.

Vous le voyez, messieurs, l’Harmonie du Pantalon est une chose bien éphémère.

On a dit à tort que le pantalon n’avait pas d’opinion politique. Quelle erreur ! Le Pantalon est révolutionnaire avec les sans-culottes, patriotique avec le Pantalon garance, conservateur avec la culotte de peau.

Au jeu, on dit du ponte malheureux qui perd jusqu’à sa chemise qu’il prend une culotte.