Page:Ibn Battuta - Voyages - Traduction Sanguinetti - Volume 4.djvu/275

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
265
D’IBN BATOUTAH.

[texte arabe]

Ils ordonnent ensuite au patron du bâtiment de leur dicter en détail tout ce que la jonque contient en fait de marchandises, qu’elles soient de peu de valeur ou d’un prix considérable. Alors tout le monde débarque, et les gardiens de la douane siégent pour passer l’inspection de ce que l’on a avec soi. S’ils découvrent quelque chose qu’on leur ait caché, la jonque et tout ce qu’elle contient deviennent propriété du fisc. C’est là un genre d’injustice que je n’ai vu pratiquer dans aucun autre pays, soit d’infidèles, soit de musulmans ; je n’ai vu cela qu’en Chine. Cependant, il y avait jadis dans l’Inde quelque chose d’analogue ; car celui dans les mains duquel on trouvait une marchandise qu’il avait soustraite au payement de l’impôt était condamné à payer onze fois le montant dudit impôt. Le sultan Mohammed a aboli cette tyrannie, lorsqu’il a décrété la suppression des droits fiscaux pesant sur les marchandises.

DE L’HABITUDE QU’ONT LES CHINOIS D’EMPÊCHER QDE LES MARCHANDS NE SE LIVRENT AU DESORDRE ET AU LIBERTINAGE.

Lorsqu’un marchand musulman arrive dans une des villes