Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/147

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


D'IBN KHÂLDOUN. 23

Tobbâ porta la guerre dans l'Orient, doit s'entendre de l'Irac et de la Perse. Quant à leur expédition dans le pays des Turcs et le Tibet, elle n'a aucun caractère de vérité, ainsi que nous l'avons déjà dé- claré. On ne doit accorder aucune croyance aux récits de cette nature ; que l'on examine les fa.its en les confrontant avec les règles fournies par le bon sens, on parviendra à les apprécier de la manière la plus complète. C'est Dieu qui dirige les hommes vers la vérité.

Un récit plus invraisemblable que le précédent, et qui paraît être encore davantage un produit de l'imagination, est celui que nous font les commentateurs, dans leur explication de la sourate de l'Aurore \ relativement à cette parole du Dieu très-haut : N'as-ta pas vu de quelle manière ton seigneur traita Aad d'Irem dhat el-Eïinad. Ils p. 17. supposent que le mot Irem est le nom d'une ville ornée d'ermad, c'est- à-dire, de colonnes. Suivant eux, Aad, fds d'Aous^, fils d'Irem, eut deux fils, savoir: Chedîd et Cheddad, qui régnèrent après lui. Che- dîd, étant mort, laissa le trône à Cheddad, auquel se soumirent tous les rois de ces contrées. Ce prince, ayant entendu faire la description du paradis, déclara qu'il en construirait un semblable. Il bâtit, en effet, dans les déserts d'Aden, une ville dont la construction exigea trois cents ans de travaux : Cheddad vécut jusqu'à l'âge de neuf cents ans. C'était une ville immense, dont les palais étaient bâtis en or et en argent; les colonnes étaient d'émeraudcs et de rubis ; on y voyait des arbres de toute espèce et des eaux jaillissantes. Lorsque les travaux furent achevés, le roi s'y dirigea accompagné de ses sujets. Il en était encore à la distance d'un jour et d'une nuit de marche, lorsque Dieu lança contre eux, du haut du ciel, un cri effroyable, qui les fit mourir tous. Voilà ce que racontent Taberi, Thaalebi', Zamakhcheri* et autres commentateurs. Ils rapportent aussi qu'un

' La quatre-vingt-neuvième sourate du leur d'un grand commentaire sur le texte

Coran. du Coran et d'une histoire des prophètes ,

' Pour j»yt avec un dhad, lisez y»^ mourut l'an ^27 (io35-io36 de J. C), ou

avec un sud. en 437, selon une autre indication.

' Abou Ishac Ahmed eth-Thaalebi , au- * Abou'l-Cacem Mahmoud ez-Zama^

�� �