Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/309

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D'IBN KHALDOUN. 185

d'indiquer les événements qui sont cachés aux autres mortels. Dieu seul peut faire connaître ces choses; il emploie alors le ministère de quelques hommes d'élite, qui, eux-mêmes, ne les savent que par son enseignement. Le Prophète a dit : « Quant à moi, je ne sais que ce que Dieu m'a enseigné. » Leurs prédictions ont la vérité pour caractère distinctif et essentiel', ainsi que le lecteur pourra le recon- naître lorsque nous lui exposerons la nature réelle du prophétisme.

Un signe caractéristique distingue les individus de cette classe : au moment de recevoir la -révélation divine, ils se trouvent complè- tement étrangers à tout ce qui les entoure, et ils poussent des gé- missements sourds. On dirait, à les voir, qu'ils sont tombés dans un état de syncope ou d'évanouissement; et toutefois il n'en est rien; mais, en réalité, ils sont absorbés dans le royaume spirituel qu'ils viennent de rencontrer. Cela leur arrive par l'efTet d'une puissance perceptive qui leur est propre et qui diffère totalement de celle des autres hommes. Bientôt après, celte puissance redescend jusqu'à la P. 166. perception de choses compréhensibles aux mortels : tantôt c'est le bourdonnement de paroles dont elle parvient à saisir le sens ; tantôt c'est la figure d'une personne qui apporte un message de la part de Dieu. L'extase s6 passe, mais l'esprit "retient le souvenir de ce qui lui a été révélé.

On interrogea ^ le Prophète sur la nature de la révélation divine , et il répondit : » Tantôt elle me vient comme le tintement d'une cloche , ce qui est très-fatigant pour moi; et, lorsqu'elle me quitte, j'ai retenu ce qu'on m'a dit. Tantôt l'ange prend la forme humaine pour me parler, et je retiens ce qu'il dit. » Dans cet état, il éprouvait des souffrances inexprimables et laissait échapper des gémissements sourds. On lit dans les recueils des traditions : «Il (le Prophète) traitait comme une maladie une certaine espèce de douleur qu'il ressentait à la suite des révélations divines^. » Aïcha (la femme de

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