Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/559

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D'IBN KHALDOUN. 435

nous devons rassembler les musulmans et rétablir la concorde; la tâche de la vengeance sera alors plus facile. » Ses adversaires lui objectèrent la nullité de son inauguration : « Elle n'a pas été con- sommée, disaient-ils, puisque les Compagnons chargés des grands commandements se trouvaient dispersés dans divers pays, et qu'un petit nombre seulement de ce corps avaient assisté à la cérémonie. Or l'inauguration, pour être valide, doit obtenir la sanction unanime des grands officiers de l'Etat. D'ailleurs personne n'est lié par l'acte d' autrui , ou par la décision d'une minorité. Les musulmans se trouvent maintenant livrés à eux-mêmes; qu'ils s'occupent d'abord à venger la mort d'Othman; ils se rallieront ensuite autour d'un imam. ' Moaouïa adopta cet avis, ainsi qu'Amr Ibn el-Açi, Aïcha, mère des croyants, Ez-Zobeïr et son fds Abd-Allah, Talha et son fils Mohammed Saad Said, En-Nôman Ibn Bechîr, Moaouïa Ibn Hodeïdj ' et les autres Com- pagnons qui s'étaient abstenus de prendre part à l'inauguration d'Ali à Médine.

Dans le if siècle (de l'hégire) les musulmans s'accordèrent tous à dire que cette inauguration était valide, qu'elle imposait à tous les croyants l'obligation de reconnaître l'autorité d'Ali , et que l'opi- nion par lui émise était juste. Us déclarèrent que Moaouïa et ses partisans s'étaient trompés, ainsi que Tallia et Ez-Zobeïr, parce que, s'il fallait en croire l'histoire, ils s'étaient révoltés contre Ali après lui avoir juré fidélité. Au reste, ils n'incriminaient les intentions d'aucun des partis; reconnaissant ainsi que, des deux côtés, on avait agi d'après sa conscience et avec la pensée de bien faire. On voit que l'opinion universellement reçue dans le ii^ siècle s'accorde P- SSy. avec l'une de celles que les musulmans du i" siècle avaient adop- tées. Ali lui-même disait à ceux qui l'interrogeaient au sujet des musulmans qui perdirent la vie aux batailles du Chameau et de SilTin : « Par celui qui est le maître de mon âme ! ceux qui y sont morts ayant le cœur pur. Dieu les fera entrer dans le paradis. » Il

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