Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/561

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D'IBN KHALDOUN. 437

Kinana, de Thakîf et d'Hodeïl, par les pays du Hidjaz et par la ville de Yathrib (Médine). Ils supportaient avec impatience la subordioa- p. 388. tion où on les tenait, parce qu'ils se figuraient que leur force numé- rique, la noblesse de leur origine et leurs conflits avec les Perses et les Grecs les rendaient dignes du premier rang. Ces Arabes appar- tenaient aux tribus de Bekr Ibn Ouaïl et d'Abd el-Caïs, fractions des Rebïàh, de Kinda et d'El-Azd, tribus yéménites, de Temîm et de Caïs, tribus modérides. Ils allèrent jusqu'à déprécier les Coreïchides, à leur témoigner du mépris, à montrer du relâchement dans l'obéis- sance qu'ils leur devaient, et à donner pour prétexte de leur insubor- dination la manière injuste dont les membres de cette tribu les trai- taient. Ils dirigèrent ensuite contre eux des attaques plus vives, disant qu'ils étaient trop mous pour prendre part aux expéditions, et qu'ils s'écartaient des principes de l'équité dans le partage du butin. Ces perfides insinuations se répandirent jusque dans la ville de Mé- dine, et l'on sait quel était alors le caractère des Médinois. Ils trou- vèrent ces plaintes si graves qu'ils les firent parvenir à Othman, et ce khalife chargea Ibn Omar, Mohammed Ibn Maslema, OçamaIbnZeïd, et d'autres officiers, de se rendre dans les grandes villes et de lui faire connaître^ le résultat de leurs investigations. Ces agents ne trouvèrent rien à reprocher aux émirs et ils en informèrent Othman; mais rien n'arrêta les criailleries des musulmans établis dans les villes : les imputations calomnieuses ne faisaient qu'augmenter; les bruits les plus fâcheux se répandaient toujours. On accusa El-Ouélîd Ibn Ocba , gouverneur de Koufa, d'avoir bu du vin; plusieurs mu- sulmans portèrent témoignage contre lui, et Othman le priva de son commandement après lui avoir infligé la peine correctionnelle établie par la loi. Ensuite arrivèrent à Médine plusieurs dépiitations en- voyées par les (musulmans établis dans les) grandes villes et char- gées de demander la destitution de leurs gouverneurs. Sur les repré- sentations d'Ali, d'Aïcha, d'Ez-Zobeïr et de Talha, à qui ces agents portèrent leurs plaintes, Othman révoqua plusieurs gouverneurs. ' Après (_j-"i^ , insérez *J.

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