Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/591

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D'IBN KHALDOUN. 467

et de remplir ainsi tous les devoirs d'un bon musulman. Ayant adressé une déclaration de foi et hommage à El-Mostadher l'Abbacide, il la fit porter à ce khalife par Abd-AUah Ibn el-Arebi et le cadi Abou Bekr Ibn el-Arebi, fils de celui-ci et un des principaux docteurs de Séville '. Ces envoyés étaient chargés de demander, pour leur maître, sa confirmation par diplôme dans le gouvernement du Maghreb. A leur retour, ils lui présentèrent ce document, qui l'autorisait à porter des vêtements et des drapeaux semblables à ceux des Abbacides et à prendre, comme une marque d'honneur toute spéciale, le titre d'e'mjV el- moslemîn (prince des musulmans). On rapporte qu'il s'é- tait déjà intitulé ainsi, n'ayant pas voulu prendre le titre d'e'mir el- moumenin, tant il respectait la dignité du khalife et tant ses Almora- vides étaient dévoués à l'observation des préceptes de la religion et de la Sonna. Le Mehdi qui parut à la suite des Almoravides invita les hommes à soutenir la cause de la vérité, et reprocha vivement aux habitants du Maghreb leur éloignement pour les doctrines d'El- Achari, théologien dont il s'était déclaré le sectateur. 11 les blâma de leur attachement au principe suivi par les anciens musulmans, qui, au lieu d'expliquer le texte du Coran d'après son esprit, le prenaient dans son sens littéral, ce qui, selon les Acharites, conduisait à des résultats très-graves^. 11 donna à ses partisans le nom cVEl-Mowah- P.tni. hedin (Almohades ou unitaires), manière indirecte de condamner (la doctrine des Almoravides). Il tenait la même opinion que (les par- tisans de) la famille (du Prophète) au sujet de l'imam impeccable, « dont l'existence, disent-ils, est absolument nécessaire, dans tous les temps, pour maintenir l'ordre de l'univers. » Il commença par se faire nommer imam, afin de se conformer à l'usage des Chiites, qui désignaient leur khalife par ce titre ; ensuite il y ajouta le mot mâ- soum (impeccable), pour indiquer que, d'après sa doctrine, l'imam doit être exempt du péché. Ses partisans s'abstinrent de l'intituler émir el-moamenîn , pour ne pas s'écarter de l'usage suivi par les Chiites

' Voyez ci-devant , page 442. (ty"^' O^ c'est-à-dire, «Tanthropomor-

' Ici l'édition de Boulac porte de plus phisme. •

59.

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