Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/66

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tviir PROLÉGOMÈNES

bientôt ils découvrirent un corps de cavalerie qui débouchait du dé- filé. C'était la députation des Aoulad Sebâ, qui , partie d'El-Mecîla peu de temps auparavant, éclairait maintenant la marche des Makil, des Zoghba et de l'armée mérinide. Au coucher du soleil, ces troupes at- teignirent le camp d'Abou Hammou et s'en emparèrent, ainsi que de sa tente, de ses bagages et de ses trésors. Les Béni Amer s'étaient em- pressés de prendre la fuite, et Abou-Hammou s'échappa à la faveur des ténèbres. Ses fils et les femmes qui composaient sa famille se disper- sèrent dans toutes les directions; mais ils parvinrent à le rejoindre, quelques jours plus lard, aux ksour^ des Béni Mozab, dans le désert. Les Mérinides et les Arabes firent un riche butin , et Mohammed Ibn Arîf, frère de Ouenzemmar, fut relâché par ses gardes pendant le conflit. Le vizir Abou Bekr Ibn Ghazi resta quelques jours à Doucen pour reposer ses troupes ; il y reçut des vivres et des fourrages en abondance de la part d'Ibn Mozni, puis il reprit la route du Maghreb.

Quant à moi, je passai encore quelques jours à Biskera, au sein de ma famille, et je partis ensuite avec une grande députation de chefs douaouïdiens, qu'Abou Dinar, frère de Yacoub Ibn Ali, conduisait à la cour mérinide. Nous arrivâmes à Tlemcen avant le vizir, et trou- vâmes auprès du sultan une réception des plus honorables; il nous traita même avec une munificence inouïe. Le vizir arriva ensuite par la route du désert, après avoir dévasté toutes les bourgades [ksour) des Béni Amer situées sur sa ligne de marche. Ce fut un véritable jour de fête que celui de sa présentation au sultan. Le retour du vizir et de Ouenzemmar fournit au souverain Foccasion de congédier les députés des tribus douaouïdiennes; il combla de dons tous ces chefs et les renvoya dans leurs pays.

Comme la présence d'Abou Zîan au milieu des Douaouïda don- nait beaucoup d'inquiétude au sultan, il pensa aux moyens d'en éloi- gner ce prince, et, craignant qu'il ne rentrât dans le territoire des Hoseïn, il me consulta à ce sujet et m'envoya chez les Douaouïda pour traiter cette affaire. La tribu de Hoseïn venait d'abandonner le

' Voyez ci- après, p. ii5, note 3.

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