Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/70

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Lxn PROLÉGOMÈNES

plaintes à Ouenzemmar, l'ami intime et le conseiller du sultan. Ouenzemmar la communiqua à son souverain, et celui-ci m'expédia sur-le-champ une lettre de rappel.

Je partis de Biskera avec ma famille l'an 77^, au jour anniversaire de la naissance du Prophète (10 septembre 1872 de J. G.). Arrivé à Milîana, dans le Maghreb central, j'appris que le sultan était mort de maladie et que son fils, Abou Bekr es-Said, enfant en bas âge, avait été proclamé par Ibn Ghazi. On me dit aussi que ce vizir avait quitté Tlemccn en toute hâte afin de se rendre à Fez avec son fantôme de souverain. Ali Ibn Hassoun en-Nebati , un des généraux et des cbents du dernier sultan, commandait alors à Milîana. Il se mit en route avec moi et me conduisit au milieu des Béni '1-Attaf. Nous descendîmes chez les Aoulad Yahya Ibn Mouça , et quelques membres de cette tribu m'ac- compagnèrent chez les Aoulad Arîf. Peu de jours après, Ibn Hassoun vint me joindre, et nous partîmes ensemble pour Fez, en prenant la route du désert. Il arriva cependant qu'Abou Hammou, instruit de la mort du sultan Abd el-Azîz, quitta Tîgourarin \ ville du désert, dans laquelle il s'était réfugié , et s'empara non-seulement de Tlem- cen, mais de toute la province. Apprenant alors que nous étions dans son voisinage , il donna aux Béni Yaghmor, cheikhs de la tribu d'Obeïd Allah, branche de celle de Makil, l'ordre de nous arrêter aussitôt que nous serions entrés sur leur territoire. Ils nous rencontrèrent à Ras el-Aïn, oi'i le Ouadi-Za ^ prend sa source. Quelques-uns des nôtres échappèrent à cette attaque, grâce à la vitesse de leurs chevaux, et se réfugièrent dans la montagne de Debdou^; mais le reste, et j'étais de ce nombre, fut réduit à s'enfuir à pied. Quant à nos effets et à nos bagages, tout nous fut enlevé. Nous marchâmes ensuite pen- dant deux jours dans un désert aride avant d'atteindre un pays

' Voyez ci-après , p. 11 5, note 4- presque toutes les rivières de l'Afrique

^ Le Za prend sa source à quelques ki- septentrionale, lomèlres au sud de Sebdou , et se dirige ' La ville de Debdou est située à l'est

vers l'ouest jusqu'à ce qu'il se jelte dans du Molouïa et à quarante-huit kilomètres

le Molouïa. A partir de sa source, il prend sud-est de Guercîf. Sur plusieurs cartes,

successivement plusieurs noms, comme on l'a placée à l'ouest de cette rivière.

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