Page:Ivoi - Le Radium qui tue.djvu/45

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ments pour m’enquérir de la situation de votre logement…

Il se frappa le front comme si une idée soudaine traversait son esprit.

— Vraiment, je ne conçois pas que je ne l’aie pas rencontré.

Il s’arrêta net. Sir Braddy faisait entendre un petit rire aigu.

— Je vous demande pardon, s’excusa-t-il en dominant à grand’peine son hilarité, mais vous ne pouviez pas le croiser.

— Comment, je ne pouvais pas ?

— Mais non, cher monsieur, non, vous ne pouviez pas. Dick Fann prétend que, vu sa réputation, il est très surveillé par ceux qui ont à redouter son adresse. « Dès lors, dit-il, je ne puis conserver avantage qu’en les surprenant sans cesse, même en temps ordinaire, en dehors de toute enquête. » Et il se dirige, entre, sort par le chemin précisément que l’on ne s’attend pas à lui voir choisir. Ce fut d’abord un entraînement, c’est, à présent, une habitude.

Larmette écoutait, les yeux agrandis par l’étonnement, ces explications débitées du ton le plus naturel.

— Ah ! conclut le chiromancien, c’est un drôle de corps que mon ami Dick Fann !

— Quelle sortie a-t-il donc préparée, cette fois ? demanda le négociant, du ton le plus indifférent qu’il put simuler.

De la main, le faux Braddy désigna la croisée ouverte.

— La fenêtre ?…

— Et le balcon, acheva l’homme aux lunettes d’or en se reprenant à rire. Vous pouvez le rencontrer cependant.

— Où, quand ? questionna Larmette un peu désorienté par cette conversation bizarre.

— Ce soir même, à neuf heures, au téléphone du Grand-Hôtel.

Et, sans paraître remarquer l’ahurissement de son interlocuteur, sir Braddy poursuivit :

— Oui, rendez-vous a été pris avec Scotland Yard, pour fixer le moment du départ pour Londres. Ma valise est bouclée, ma note réglée… car…

— Vous partez aussi ?

— Sans doute ! sans doute ! Seulement, je ne suis pas matinal, et si l’ordre était pour demain matin, je