Page:Ivoi - Les Cinquante.djvu/163

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Là, l’Empereur s’arrêta, et se penchant par-dessus le parapet, il jeta un coup d’œil au-dessous de lui.

Il se rejeta en arrière avec une sourde exclamation.

Absorbé en apparence par la contemplation du port et de la rade, le colonel Campbell, planté sur ses longues jambes ainsi qu’un héron, se tenait juste sous l’endroit où l’exilé avait fait halte.

Drouot surpris regarda à son tour.

Cette fois il ne dit rien, mais il s’achemina vers l’escalier intérieur qui aboutissait sous la porte même.

Un bruit de voix parvînt jusqu’à lui, interrompant le mouvement commencé.

Devant la baie d’accès au port, des soldats du poste de garde bavardaient assis sur des bancs grossiers.

Tous appartenaient à cette élite de dévoués qui avaient sollicité l’honneur de suivre l’Empereur dans l’exil.

Les moustaches grisonnantes des grognards de la Vieille Garde, les visages imberbes des voltigeurs de la Jeune, Garde, rassemblés là, se tournaient vers un caporal, qu’à son accent il était aisé de reconnaître pour un fils de Marseille.

Et le caporal disait :

— Bon, l’english aura beau faire, il n’empê-