Page:Ivoi - Les Cinquante.djvu/170

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Et voici ce qu’il vit :


xxxxxxxxxxx┌───────────────────────┐
xxxxxxxxxxxLe chevalier de Bonneraie se rendra
xxxxxxxxxxxà Porto-Ferrajo. N ┌──────────┘
xxxxxxxxxxxsort souvent avec   │
xxxxxxxxxxxofficier. Étudier  ┌─┘
xxxxxxxxxxxen profiter pour │
xxxxxxxxxxxdu Roi.  ┌────┘
xxxxxxxxxxx└─────┘

— Eh bien, demanda Napoléon après avoir lu ?

— Je pense, Sire, que vous ne rirez plus de nos craintes, à Marchand et à moi.

— Pourquoi ?

— Parce que voici une preuve convaincante.

L’Empereur adorait taquiner son entourage. Bien qu’avec sa lucidité habituelle il eût instantanément reconstitué la lettre complète, il affecta de ne pas comprendre.

— Où prends-tu cela, Drouot ?

Le général eut un léger mouvement d’impatience, puis il éclata de rire.

— Votre Majesté se gausse à mes dépens. Cela me fait plaisir puisque vous en tirez amusement. Mais vous êtes certain, comme moi que vous avez sous les yeux un ordre d’assassinat — il appuya sur ces mots — donné à un chevalier de Bonneraie.

— Oh !

— Et cet ordre était certainement conçu à peu près dans ces termes : Le chevalier de Bonneraie se rendra à Porto-Ferrajo. Napoléon sort souvent avec un seul officier. Étudier ses habitudes et en profiter pour le service du roi.

— Drouot, mon vieux camarade, fit gaiement l’empereur, tu déchiffres les manuscrits comme un élève de l’école des Chartes. Prends montre et argent, nous en ferons des aumônes, puis détruis ce papier. Il ne faut pas que d’autres puissent penser, comme toi, qu’il se trouve des assassins parmi les gentilshommes de France.

Drouot s’inclina, mais il ne détruisit pas l’ordre révélateur.

Vingt minutes après cet incident, Napoléon, avec son insouciance du péril, l’avait oublié, et s’attablait devant un repas frugal, que le régisseur du domaine de San Martino lui avait fait préparer séance tenante.