Page:Jacques Boileau - De l abus des nudites de gorge, Duquesne, 1857.djvu/20

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a toujours du péril à considérer attentivement une belle gorge, et il y a non seulement un grand danger, mais une espèce de crime de la regarder avec attention dans l’Eglise, et en même temps que l’on offre le saint Sacrifice de nos Autels. Car Jésus Christ étant alors réellement et véritablement présent, il me semble qu’on luy fait injure de luy préférer une femme ou du moins de partager nôtre attention et peut-être nos vœux entre luy et elle, et de demeurer comme en suspens à qui nous donnerons nos désirs et nos pensées.

XIV. Hélas encore un coup, si nous ne pouvons pas empescher ces nuditéz, ne négligeons pas au moins de montrer que nous les désaprouvons en évitant de les regarder. Si la gloire de Jésus Christ nous y oblige, notre devoir et notre interest nous y engage. La veue d’un beau sein n’est pas moins dangereuse pour nous que celle d’un basilic, et c’est alors que nous pouvons dire avec l’Ecriture, que le démon se sert des fenestres de nôtre corps pour faire entrer la mort avec le péché dans nôtre ame. S’il est vray, comme dit le Prophéte Jérémie que nos yeux ravissent quel quefois nôtre ame, c’est sans doute lorsqu’ils s’arrestent sur un charmant objet et qu’ils y attachent en quelque sorte notre esprit et notre