Page:Jacques Boileau - De l abus des nudites de gorge, Duquesne, 1857.djvu/30

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scrupule de déplaire à Dieu et de s’exposer à perdre leur innocence ; en un mot si elles négligent la beauté et la santé de leurs âmes, qu’elles songent du moins à conserver la santé et la beauté de leur corps dont elles sont idolâtres. Ne sont-elles pas à plaindre de se mettre à la gesne et à la torture pour s’habiller à la mode, et pour donner quelque agrément et quelque grâce à leur sein, parce qu’elles veulent le faire voir ? A combien d’infirmitéz et de maladies ne s’exposent elles point en serrant trop leur poitrine, et en la montrant presque toute nue. Quelque grande que soit la froidure de l’air elles la souffrent sans se plaindre, pourvû qu’elle n’altère pas la beauté de leur gorge, et sans craindre les fluxions et les rhumes qui sont les effets ordinaires de leur nudité, elles supportent constamment la rigueur de toutes les saisons, pour avoir le plaisir d’être vues, et l’espérance de pouvoir plaire.

XXVII. Hélas il n’est que trop vray que le monde et le démon ont leurs martyrs, et il n’est que trop évident que ces femmes sont les martyrs du démon et du monde. Ne pourroit-on pas leur dire avec le Grand Chancelier d’Angleterre, que Dieu leur feroit tort de leur refuser l’enfer, puisqu’elles prennent tant de peine pour le mériter. C’est avec justice, poursuit ce