Page:Jaloux - Les barricades mystérieuses, 1922.djvu/15

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MYSTÉRIEUSES

morales, elle retrouvât Martial Herpin. Lisait-elle avec admiration Tourguéneff ? C’était Martial, justement, qui m’avait appris à l’admirer. Voulait-elle savoir le nom d’un oiseau, dont le chant semblait fait d’une spirale de notes, toujours plus légères, toujours plus mouillées ? C’était Martial et pas moi, l’ornithologue. C’était Martial qui adorait les enfants, qui craignait les voyages, qui recueillait les chats abandonnés, qui était prodigue et timoré, lui, encore, qui ne savait pas faire une addition, qui redoutait les fourbes, qui n’était jamais malade. Martial, sans s’en douter, prenait toutes les formes de ce Protée, qui était l’idéal absurde, successif et contradictoire de Mlle de Vionayves.

Mais j’avais une forte partie à jouer : Wanda était belle et recherchée. J’eus à combattre bien des ennemis ; je les défis l’un après l’autre. Herpin ne savait rien de