Page:Jammes - Le Deuil des primevères, 1920.djvu/161

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J’AI VU REVENIR LES CHOSES…


J’ai vu revenir les choses de l’année dernière :
l’orage, le printemps et les lilas flétris,
et j’ai bu du vin blanc dans le noir presbytère.
Et mon âme est toujours terrible, douce et triste.

Pourquoi mon cœur n’a-t-il pas toujours été seul ?…
Je n’aurais pas ce vide affreux au fond de moi :
et, prêtre paysan, j’aurais orné les croix
de coquelourdes, de fenouil et de glaïeuls.