Page:Jammes - Le Deuil des primevères, 1920.djvu/64

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cherchait sur ce coteau raclé par les grands vents
une âme d’eau d’azur qui ne la blessât plus.
Dis-toi, ô jeune fille, dis-toi : Il était fou,
pareil aux amoureux bergers de Cervantès
paissant leurs chevreaux blancs sur la paix des pelouses…
Ils délaissaient les vieilles bourgades enfumées
où Quittéria, peut-être, avait meurtri leurs cœurs.
Dis-toi : Il fut pareil à ces malheureux pâtres
qui essayaient, en vain, couchés aux belles fleurs,
de chanter leurs chagrins en soufflant dans des outres.


II


Quand mon cœur sera mort d’aimer, enviez-le.
Il passa comme un saut de truite au torrent bleu.
Il passa comme le filement d’une étoile.
II passa comme le parfum du chèvrefeuille.
Quand mon cœur sera mort, n’allez pas le chercher.