Page:Jammes - Le Deuil des primevères, 1920.djvu/67

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Je ne puis plus penser. Je ne suis que des choses.
Je ne suis que tes yeux. Je ne suis que des roses.
Que regrettais-tu donc lorsque je t’ai quittée,
si je n’étais pas moi et si j’étais des roses ?


IV


Quand mon cœur sera mort d’aimer : sur le penchant
du coteau vert, mon âme veillera encore.
Sur le coteau où vous irez, ô doux enfants,
elle luira dans les haies mouillées pleines d’aube.
 
Elle flottera, pendant la nuit, dans la brume
qu’adoucit la grise humidité de la lune.
Elle aura la fraîcheur des roses qui s’allument
sur le grelottement mouillé des anciens murs.