Page:Janin - Critique dramatique (1877) - Tome 2.djvu/302

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


homme assez vaguement désigné, et qui portait un faux nom, ni l’un ni l’autre magistrat n’hésita à reconnaître le voleur sous son nom d’emprunt.

Jayr était alors préfet de l’Ain, il envoya Lacenaire à Belloc, et Belloc le fit passer à M. le procureur général de Paris. Singulière histoire, que l’on pourrait intituler : les Trois Camarades de collège. On doit placer ce Lacenaire au nombre des arguments les plus décisifs contre les études mal faites. Chose sainte et charmante, l’amour des chefs-d’œuvre, la passion des grands poèmes, l’éloquence et ses foudres, la poésie et ses éclairs, la double antiquité sur la double montagne, les Grâces et les Muses, Aglaé, la plus jeune des Grâces, Thalie, Euterpe, Mnémosyme, Homère et Virgile, Anacréon, Pindare, Cicéron, les maîtres du monde intelligent ! Au jeune homme inspiré qui se tient à cette ombre sacrée, on peut prédire à coup sûr l’avenir réservé aux honnêtes gens. Le beau, compagnon du bon, qui en doute ? Ainsi le poète Stace ouvrait le poëme de Virgile avec autant de respect que le chrétien son livre d’Heures à quelque messe solennelle. Et monumentum ejus adire ut templum solebat ! Voilà comment les fortes études et les saines paroles portent à coup sûr des fruits utiles.

Elles sont l’espérance au départ, elles sont le