Page:Janin - Les catacombes, tome 2.djvu/18

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
11
ET LA SŒUR GRISE.

Tu m’as rendu quelques bons offices, et sans me connaître, que je n’ai pas oubliés ; le premier tu as pris en main la cause du roi Louis XV (j’ai son âme) et de ses maîtresses, et j’ai dit en parlant de toi : Voilà un bon compagnon ! ; tu aimes le rouge et les mouches, l’odeur du musc ne te déplaît pas : or, en morale, du rouge des femmes à la queue du diable, des mouches aux cornes, du musc au soufre, il n’y a qu’un pas. Ce que tu n’as pas assez, à mon gré, et ce qui te manque pour que jamais tu sois digne d’écrire sous ma dictée, c’est la croyance : tu ne crois à rien ; tu as beau faire, c’est dans ton sang. Tu ne crois pas au diable : comment veux-tu que le diable croie à toi ? Même à présent tu me regardes, tu me flaires, tu ouvres de grands yeux, comme si j’étais un phalanstérien, un humanitaire, une ci-devant Muse de la patrie. — Rassure-toi, mon fils : je ne suis que le diable et puisqu’il fait nuit, puisqu’il fait froid, je te raconterai une histoire si tu veux.