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LA SŒUR ROSE

Comme il disait ces mois je me rappelai que Frédéric Soulier dans les Mémoires du Diable, que le diable lui a inspirés à coup sûr, dans l’un de ses meilleurs instants de verve, d’esprit, d’insolence et de cruauté, nous raconte une des habitudes favorites de son héros, et je cherchai dans ma poche un cigare. Le diable devina ma politesse. — Tiens, me dit-il en m’offrant un morceau de bois mort, fume-moi cela… En même temps il tournait dans ses doigts des branches de saule, il frottait dans le creux de sa main un des bouts de ce cigare improvisé ; et nous voila fumant comme deux frères. Seulement je remarquai fort bien que le diable, cet homme qui ne fait rien comme les autres hommes, mettait dans sa bouche le bout du cigare tout alliumé, — particularité : remarquable que Frédéric Soulié a oublié de consigner dans leurs Mémoires.

— Maintenant, reprit le diable, que veux-tu que je te raconte ? — Puis, devinant ma pen-