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ET LA SŒUR GRISE.

dicule et sublime modèle de fidélité et de constance : Louise sut bientôt ce qu’elle devait croire de cette vertu. Ce fut un coup affreux pour la pauvre femme ; elle croyait à l’amour de son mari comme elle croyait en Dieu ; dans ce naufrage universel de tous les sentiments domestiques, Louise regardait son ménage comme un lieu d’asile qui avait surnagé. Autour d’elle, à côté d’elle, Louise ne voyait que corruptions, désordres, unions brisées et renouées, adultères, mensonges, perfidies, toutes sortes de vices pêle-mêle, mangeant, riant et buvant ensemble, se prenant, se quittant, se reprenant tour à tour sans choix, sans goût et sans mesure et, la pauvre femme ! elle avait cru, elle avait espéré qu’elle serait sauvée de ce désordre. — Mais, comme je te l’ai dit, son mari était un hypocrite. Il fut bientôt las de sa feinte vertu, et il quitta sa femme pour les autres femmes. Moi, qui sus des premiers cette aventure, j’en avertis Louise, et je la fis jalouse ; je !a conduisis par la main dans