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LA SŒUR ROSE

impatiente, se précipite hors de la maison, dans ses habits de religieuse, on criant : Au secours ! au secours ! À ces cris le peuple arrive ; il était partout, le peuple. Léonore raconte alors qui elle est, — et qu’elle appartenait à ce couvent qui est en ruines, — et qu’elle a été oubliée dix ans dans le cachot où le fanatisme impitoyable la tenait renfermée, et qu’elle s’est enfuie tout à l’heure, et que la voilà qui demande justice. Le peuple lui répond par ces mots : Vengeance ! Le couvent à demi détruit est encore une fois fouillé de fond en comble. Quelques misérables femmes qui se cachaient parmi ces ruines sont découvertes, et bientôt leurs têtes coupées servent de sanglant trophée au triomphe de Léonore. Le peuple crie vive Léonore, et il la ramène triomphante dans cette maison qu’elle avait quittée la veille en proscrite. — Sais-tu mon histoire à présent ?

— Oui, répondis-je, oui ; maintenant je la sais tout entière cette funeste histoire, et je pour-