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les mémoires

— C’est une excuse pour Martial.

J’entendis Cotta qui murmurait en souriant : — Aussi habile à parler sérieusement qu’ingénieux à dire des riens !

Je te raconte ainsi tous les moindres détails de cette soirée, parce que cette soirée fut la dernière heure de mes lâchetés poétiques. J’allais être enfin affranchi de cette horrible lutte contre la misère ; j’allais enfin redevenir un homme libre grâce à cette dernière heure de ma prostitution poétique ; car, dans cette foule de gens d’esprit oisifs et de belles femmes, qui faisaient de mon esprit un délassement futile, il y en avait une qui put à peine contenir ses larmes en me voyant exécuter ainsi, le sourire à la bouche et le désespoir dans le cœur, ces horribles tours de force. Par un bonheur incroyable, cette belle femme de tant de pitié était ma compatriote, une brune Espagnole à l’âme brûlante, née comme moi sur les rives sauvages du Xalon. Mais qui se serait douté, à la voir si calme et si tendre,