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étienne béquet.

diables de comédiens à la suite, il disait souvent : « Laissons-les vivre, n’en parlons pas : ils sont assez à plaindre ! Le silence protége comme il tue. Nous sommes encore trop heureux qu’ils ne soient pas bossus. »

Quelquefois, et trop souvent, après avoir écrit pendant six mois sa critique hebdomadaire, il abandonnait brusquement la besogne, et, sans prévenir personne, il allait dans quelque maison des champs éloignée de la ville, et il se replongeait avec délices dans cette paresseuse contemplation des modèles qui était sa vie. Il n’était jamais si heureux que lorsqu’il était caché dans quelque château d’emprunt, à Bardy par exemple, l’hiver, avec un livre de son choix, ou bien avec le premier livre qui lui tombait sous la main. C’était, en un mot, un de ces rêveurs de sang-froid qui vivent par eux-mêmes et qui se suffisent des mois entiers. Quelquefois, quand l’oisiveté était trop grande, alors il se mettait à traduire quelques-uns de ses vieux auteurs. C’est ainsi