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de madame prevost.

adresse ! et derrière ces fleurs traîtresses, que de sourires mal dissimulés, que de tendres paroles dites tout bas et que ces fleurs obéissantes répétaient à l’oreille de Mme Prevost ! Cette femme avait ainsi le secret de toutes les trahisons, de toutes les perfidies, de tous les mensonges qui se tramaient à l’ombre de ses fleurs ; elle était au courant mieux que femme au monde de toutes les intrigues sans cesse expirantes et sans cesse renaissantes de cette grande ville remplie de mystères de tous genres ; pas un battement du cœur féminin n’échappait à cette femme, car sur tous les cœurs féminins était placée une fleur qu’elle avait cultivée, qu’elle avait cueillie. Elle savait, à n’en jamais douter, quand finissait une passion et quand elle commençait ; elle pouvait dire sans se tromper l’heure du premier sourire et l’heure du dernier mensonge. Elle avait le tact de la sensitive, elle se tournait comme l’héliotrope au soleil de toutes les passions humaines. Oui, cette femme cachée dans