Page:Jarry - Albert Samain, 1907.djvu/18

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


avec quelque émoi, chez Vanier, éditeur de Verlaine ! chez Bailly, dont la vitrine offrait, parmi des pastels d’Odilon Redon, les premiers livres de Régnier et la Chrysis de Pierre Louys, qui n’était pas encore devenue Aphrodite.

Et c’est vers ces temps-là que la révélation eut lieu. Le verset de l’Apocalypse n’est point trop grandiloquent : « le ciel se replia comme un livre qu’on roule. » C’était vraiment, ainsi qu’une feuille à l’automne se recroqueville, le rideau d’un passé mort qui se relevait, pour ne plus retomber, sur un inattendu théâtre.

Splendeurs soudaines ! et le raffinement de volupté esthétique fut plus subtil et suraigu de les surprendre in médias res et dès cette période presque adultes.

Il n’était plus question d’Hirsutes ni d’Hydropathes, et ceux que quelques feuilles — les Annales par exemple — appelaient encore les décadents, ne daignaient plus jeter leur gourme de poudre aux yeux du « mufle ».